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La mort photographiée

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Je feuilletais de vieux albums de famille chez ma grand-mère, lorsque je suis tombée sur la photo d’un enfant endormi dans son landau, perdu parmi les draps de dentelle. Ma grand-mère m’a alors précisée qu’il s’agissait du portrait posthume de sa jeune sœur.

Cela m’a rappelé le film Les Autres d’Aménabar avec Nicole Kidman. Sans rien révéler à ceux qui ne l’ont pas vu, à un certain moment de l’histoire, l’héroïne contemple ce genre de portrait photographique. Les morts sont photographiés comme les vivants.

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Autrefois, ceux qui avaient plus de moyens pouvaient faire réaliser un portrait posthume du défunt:

Portrait posthume d'une fillette, 1663, Magny-les-Hameaux, Musée de Port Royal des Champs

Portrait posthume d'une fillette, 1663, Magny-les-Hameaux, Musée de Port Royal des Champs

Ces portraits peints sont l’héritage d’une longue tradition qui prends naissance dès l’Antiquité. Les exemples les plus connus sont les portraits réalisés sur les sarcophages dans la nécropole d’Alexandrie.

Masque funéraire de Pachons, fils de Psesarmese, époque romaine, trouvé sur le site de Deir el-Bahari, British Museum, Londres

Masque funéraire de Pachons, fils de Psesarmese, époque romaine, trouvé sur le site de Deir el-Bahari, British Museum, Londres

La différence notable est bien sûr que ces portraits antiques restaient dans les nécropoles, le monde des morts, et les autres étaient destinés aux vivants, à orner les demeure d’un souvenir précieux.

Il existait aussi une autre pratique pour garder une dernière image du défunt: le masque mortuaire.

Masque de Jeanne de France, 1505, Louvre, Paris

Masque de Jeanne de France, 1505, Louvre, Paris

Masque reliquaire de la mère Marie-Angélique Arnauld, 17e siècle, cire, Musée de Port-Royal des Champs

Masque reliquaire de la mère Marie-Angélique Arnauld, 17e siècle, cire, Musée de Port-Royal des Champs

Masque mortuaire de Pascal, sculpture, 17e siècle, Musée de Port-Royal des Champs

Masque mortuaire de Pascal, sculpture, 17e siècle, Musée de Port-Royal des Champs

Moulé en plâtre, le masque est ensuite réalisé en cire. A partir de ce premier modèle et du moule en plâtre, des copies sont réalisées en bronze, cire peinte, etc…

Masque mortuaire de cire d'Oliver Cromwell, cire colorée, 17e siècle, British Museum, Londres

Masque mortuaire de cire d'Oliver Cromwell, cire colorée, 17e siècle, British Museum, Londres

Masque mortuaire de Napoléon Ier, moulage en plâtre, 1821, Musée de l'Armée, Paris

Masque mortuaire de Napoléon Ier, moulage en plâtre, 1821, Musée de l'Armée, Paris

Pour l’anecdote, c’est de cette technique que se servit Madame Tussaud pour réaliser ses têtes en cires: pendant la révolution, elle réalisa directement ses moulages sur les têtes coupées des nobles exécutés…

Avec l’invention de la photographie, l’occasion va naître pour ceux qui n’ont pas les moyens de passer commande à un peintre, de garder un portrait du défunt; souvent le seul que l’on possède de cette personne.

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