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Génération Spleen

Publié le

Spleen

« Oui, j’ai le spleen, compliqué de mélancolie, avec la nostalgie, plus l’hypocondrie, et je bisque, et je rage, et je bâille, et je m’ennuie, et je m’assomme, et je m’embête ! »

Victor Hugo, Les Misérables

Via Amanda Thomas

C’est une impression que me taraude depuis quelques temps déjà.

Depuis -précisément- que je me laisse porter de blog en blog sur la grande toile du net.  Des billets populaires en passant par les photos les plus « I like » aux micro blogs les plus obscures et galeries photos, j’ai trouvé qu’un certain spleen générationnel se dégageait de l’ensemble.

Via Awkwardlyalex

Les jeunes 2.00 (Hummm, je suis des 80’s, mais bon, nous nous sommes pratiquement toutes/tous vraiment impliqué(e)s sur le web qu’à partir des 00’s, non?) semblent atteints d’une certaine mélancolie, si j’en juge par leurs sites, blogs et billets préférés…

Via Spirit of a wind

Ils me rappellent (mais je crois que je peux aussi m’inclure un peu dedans), la génération « romantique » de la fin du XVIIIe. Vous voyez ce que je veux dire?

Fragonard, Le Chiffre d'amour, vers 1776-1778, Wallace collection, Londres.

On aime la beauté éthérée, on glorifie la jeunesse, on a la nostalgie du temps qui passe, le sens de la tragédie… tout se doit d’être émotion, contradiction (futilité de l’instant, des choses, des modes de vie/profondeur des convictions)…

Henriette Sontag par Joseph Lemercier, 19e siècle, Staatliches Institut fur Musikforschung, Berlin.

Tout tourne autour de soi même, de la soif d’être libre, de la peur de l’être réellement… le tout peut-être mêlé à une certaine appréhension face aux changements qu’affronte le monde (changements climatiques, guerres, crise économique, perte de foi en politique… [un petit climat de fin du monde ?!]). C’est une jeunesse, une génération qui se cherche dans un monde qui change.

Il y aussi cette volonté de rester jeune (cf Peter Pan) : on aime jouer, les choses mignonnes et tellement futiles, les contes de fées, les histoires d’amour qui finissent bien… un monde d’enfants où reste attachée une certaine naïveté, de la cruauté et de l’inconscience.

Un monde aussi ou règne un érotisme latent.

Via The Need to see

Je trouve que les films de Sofia Coppola sont particulièrement emblématiques de ce phénomène.

Via Good time for pie

Que se soit dans The virgin suicides ou Marie-Antoinette, on retrouve cette impression éthérée d’une jeunesse « perdue », du temps incontrôlable qui passe, de personnages en quête d’identité, d’un destin…

Via Gris-bleu

Tout se dit par des regards, il s’agit de lire une impression renvoyée par les personnages. Tout est dans l’esthétique de l’image, incroyablement lissée et tout à la fois séduisante dans sa perfection…

Voilà, c’était une réflexion qui me trottait dans la tête depuis quelques temps.

Belle journée!

"

  1. ces jeunes gens auxquels la société n’offre que crise et violence se réfugient dans leur cocon … c’est normal et logique … désespérance ? spleen, oui, certainement …

    Répondre
  2. Oh tu m’as cité c’est gentil !
    Je suis bien d’accord avec ton analyse, j’ajouterai une pointe de cynisme et beaucoup de nostalgie, le goût de l’ancien, comme si avant tout allait un peu mieux…

    Répondre
  3. Je suis entièrement d’accord avec toi, les 80s, un peu spleen et très cyniques aussi… presque un mode de vie !

    Répondre
  4. haha je n’avais pas vu ta réponse Undo, les grands esprits se rencontrent…

    Répondre

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